Sophia et Alexandre : s’engager à deux en philanthropie
Pourquoi s’engager dans une alliance de philanthropes ? Qu’est-ce qui motive celles et ceux qui franchissent le pas ? C’est ce que nous avons voulu comprendre avec Alexandre et Sophia Ducoeur Martins, fraîchement arrivés au sein d’Entreprendre&+. Sophia est avocate en droit de la famille, Alexandre est entrepreneur dans la tech depuis 13 ans. Ensemble, ils ont créé leur fonds de dotation Board as Impact pour donner plus de sens à leur réussite professionnelle. Ils nous partagent leur vision de la philanthropie et leurs premiers pas au contact des entrepreneurs sociaux.
Comment vous présenteriez-vous en quelques mots ?
Sophia : Je suis Sophia, 31 ans, avocate en droit de la famille à Bordeaux. Mon intérêt pour ce domaine me vient d’une fascination pour la psychologie humaine. Aujourd’hui, je m’oriente vers la prévention des conflits, notamment au moment de l’engagement dans un couple et sur les enjeux d’égalité femmes-hommes.
Alexandre : J’ai 31 ans aussi, j’habite à Bordeaux avec quelques voyages imposés à Paris ! Je suis entrepreneur dans la tech depuis 13 ans. D’abord avec Studapart, une plateforme pour étudiants, et maintenant sur une plateforme d’IA pour la recherche immobilière.
Comment vous êtes-vous intéressé à la philanthropie ?
Alexandre : En 2022, j’ai vendu des parts majoritaires de Studapart. Cette réussite m’a posé une question : comment réemployer cette somme différemment que dans le monde marchand ? J’avais reçu un accompagnement très structuré de mon board chez Studapart, un écosystème pensé pour tirer les entrepreneurs vers le haut. On s’est dit : pourquoi ne pas transposer ce qui a marché dans le for-profit vers les entrepreneurs associatifs ?
Sophia : D’un autre côté à ce moment là un ami lançait une association. En discutant avec lui, on a vu son énergie incroyable mais un départ tout azimut. Ils voulaient résoudre 10 000 sujets à la fois. il avait besoin d’aide pour se poser les bonnes questions : “Quelle est ma priorité cette année ? Qu’est-ce qui ferait que ce soit une bonne année ?” Alexandre s’est reconnu dans cette situation : lui aussi, au démarrage, il est parti dans tous les sens avant d’être recadré par son écosystème. C’est là qu’on s’est dit qu’au-delà d’apporter de l’argent, ce qu’on peut vraiment offrir, c’est du temps, du recul, de la transmission.
Pourquoi cette décision de vous engager ensemble ?
Sophia : Alexandre est leader sur beaucoup de sujets entrepreneuriaux, tandis que j’ai plutôt cette sensibilité de l’engagement. C’est une symbiose de nos compétences et une réflexion de couple naturelle.
Alexandre : Je trouvais ça vertigineux de recevoir autant d’argent. Sophia m’a aidé à mettre du sens là-dedans. L’argent n’est pas tombé comme un ticket de loto : c’est l’aboutissement de 11 ans de travail. Une fois qu’on a atteint la sécurisation, la question devient : qu’est-ce qu’on fait du reste ?
Sophia : Pour moi, c’est plus que ce dont on a besoin pour vivre confortablement. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait du reste ? C’est cette question de sens qu’on s’est posée ensemble. Aussi, les causes qui nous tiennent à cœur sont différentes mais très complémentaires. Pour moi c’est plutôt l’égalité femmes-hommes et l’écologie. Pour Alexandre, plutôt l’éducation.
Vous avez rejoint l’alliance il y a quelques. Qu’est-ce qui vous a décidés et quelles sont vos premières impressions ?
Alexandre : Quand on a lancé Board as Impact, on avait la vision mais on manquait d’opérationnalisation. Entreprendre&+ était exactement ce qu’il nous manquait : un collectif d’entrepreneurs qui soutient d’autres entrepreneurs, avec une structure, une sélection de projets, une équipe. Je pense qu’on est à la bonne place par rapport à notre niveau de connaissance. L’énergie du collectif est incroyable.C’est une formation pragmatique sur comment sélectionner une association, comment l’accompagner. Intégrer E&+ c’est aussi un pied à l’étrier et un tremplin dans mon parcours philanthropique. Ça me donne envie de continuer à réussir dans le for-profit pour continuer à donner. Ce que j’apprends vraiment, c’est une méthode : comment accompagner une structure, quels sont les bons indicateurs, comment mesurer l’impact.
Si je résume, c’est trois choses : l’expérience, l’expertise, et les rencontres.
Sophia : Ce qui m’a séduite, c’est l’expérience et le feedback terrain. Il y a des philanthropes qui baignent dans cet écosystème depuis des années. On a accès à des informations qu’on ne pourrait jamais avoir sans le collectif. Et ce qui a été le plus enrichissant, ce sont les rencontres avec les entrepreneures du monde associatif au séminaire. Sans elles, ce n’aurait pas été le même.
Au-delà de l’engagement financier, ce qui a de la valeur chez Entreprendre&+ c’est l’apprentissage méthodologique. Acquérir une compréhension du monde associatif pour savoir comment aider les associations que je rencontre.



