Jean-Baptiste et Félix

Q: Un mentorat, c’est avant tout une rencontre entre 2 personnes, sur une durée plus ou moins longue. Ici, il a duré 3 ans. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez tissé cette relation à la fois humainement, dans le suivi du projet (régularité, organisation, thématiques…) et quelles ont été, selon vous les spécificités d’un « mentorat Entreprendre&+ » ?

Félix de Monts, co-fondateur de Vendredi :
Je pense que cette relation comme tout mentorat a pris un peu de temps à se lancer pour apprendre à se connaitre. On a eu une régularité qui a varié avec le temps, parce que parfois on faisait des points tous les deux, trois mois. Par moment, on faisait des points plus rapprochés : certaines périodes toutes les semaines, deux semaines. L’organisation qu’on avait variait parce que parfois on avait une approche plus structurelle de l’ensemble des chantiers, par moment on a fait des sessions de travail plus liées à la question du modèle économique, des échanges sur le BtoB, des points sur les recrutements.

Les spécificités du mentorat entreprendre&+, pour moi, c’est, en premier lieu, la relation humaine de proximité, associé à l’expertise incroyable des mentors. Je parle notamment pour Jean-Baptiste. Il connait très bien les sujets business, il a aussi une vraie sensibilité et connaissance fine du monde de l’économie sociale et solidaire et de l’entrepreneuriat social en particulier. Jean-Baptiste, c’est tout simplement un parcours qu’on n’a pas besoin de résumer sur le BtoB/ grands comptes dans les très grands groupes, et en même temps une connaissance fine de l’entrepreneuriat social par ses engagements au sein d’Ashoka, de Mozaïk RH ou au sein du fonds à impact Investir&+. Le fait d’être Business angel de plusieurs startups, cette expertise-là est extrêmement riche. Je pense que c’est d’abord ça qui fait la spécificité du mentorat Entreprendre&+. Ensuite, c’est la volonté d’inscrire ce mentorat dans une double dimension : suivi macro du projet qui est essentiel pour prendre de la hauteur et la capacité à zoomer sur des problématiques très spécifiques à travers des sessions de travail. Et la troisième spécificité, je pense que c’est vrai pour tous les mentors, mais dans notre relation tout du moins avec Jean-Baptiste : c’est son immense disponibilité.

Jean-Baptiste Renard, mentor Entreprendre&+ :
Le mentorat est en effet une relation entre deux personnes et toute relation est unique. En revanche, il faudra toujours établir respect et confiance pour réussir. C’est en travaillant ensemble sur les plus gros chantiers de Vendredi identifiés dès le comité de sélection que nous avons établi ce respect et cette confiance mutuelle, et avons commencé à tisser notre relation humaine. Qui est devenu extrêmement forte, et nous a permis d’avancer même dans des moments difficiles. Félix a très bien décrit la manière dont nous avons opéré, et pas la peine de revenir dessus juste souligner que nous avons été très flexibles dans notre approche. Des rendez-vous parfois très espacés et parfois très rapprochés, parfois très longs et parfois très courts, parfois juste entre nous, parfois à 3, 4 ou avec toute l’équipe etc. La question étant toujours «comment aujourd’hui puis-je ajouter le plus de valeur au développement de Vendredi et de Félix ? ».

Q: Félix, quand SSF (Devenu Vendredi) a été sélectionné en 2016, le comité de sélection avait été séduit par le potentiel de développement énorme du projet. L’enjeu avait été clairement posé du développement auprès des salariés en cours de carrière, aux seniors…Qu’en est-il 3 ans plus tard ? Quel a été l’apport du mentorat sur ce sujet ?

Félix :
L’objectif de passer du modèle de stagiaires à celui des salariés a été plus qu’atteint. Depuis 3 ans, plus de 304 stagiaires et salariés ont fait leur Vendredi, soit 38 662 heures de travail.

Aujourd’hui on propose des formats d’engagement à tous les moments d’une carrière – que ce soit dans le cadre du graduate programme pour les jeunes talents, l’accompagnement des périodes de mobilité entre deux postes – dans les entreprises par exemple : les retours de mobilités internationales, les périodes de réorganisations, les retours de congés parentaux – ou encore l’accompagnement à la fin de carrière. En fait, si on a réussi à développer toutes ces offres auprès de plus de 30 entreprises, c’est qu’on a réussi ce pari-là.

Le deuxième sujet, c’était notre capacité à trouver un modèle économique. Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 11 personnes à temps plein, toutes rémunérées avec un modèle autofinancé par les entreprises partenaires. De grands partenaires qui vont jusqu’à financer plus de 100K euros de contrats par an. Ce qui donne une vraie perspective de développement du projet.
Quel a été l’apport du mentorat sur le sujet ? En fait, l’apport de Jean-Baptiste a été essentiel tout au long de ces trois années de développement – tant sur les aspects business (comment prioriser les grands comptes, comment développer notre offre sur une approche BtoB), que sur une approche plus structurelle de l’organisation (comment travailler sur la culture, l’organisation, le recrutement). Le troisième point, ça c’est pour mon approche personnelle, me faire grandir humainement. Nous n’aurions pas pu réaliser tous ces succès sans, d’une part le soutien, la présence, l’écoute, l’exigence et la disponibilité pour m’aider à titre personnel, mais aussi aider d’autres membres de l’équipe parfois comme Julian à être de meilleurs leaders. Je pense que cette réussite c’est aussi celle d’entreprendre&+ et évidemment celle de Jean-Baptiste. Voilà je pense que tout est dit.

Q: Jean-Baptiste, tu as accompagné un certain nombre de projets en entrepreneuriat social, en quoi, selon toi, l’approche de Vendredi a pu faire la différence et devenir, en 3 ans, une des références du mécénat de compétences auprès des entreprises ?

Jean-Baptiste :
Ce qui me frappe dans l’approche Vendredi depuis trois ans : 1 – une vision et une mission claires, quasi obsessionnelles, comme guide, 2 – un modèle économique robuste comme cadre, 3 – tout le reste (innovation, organisation, énergie humaine etc) au service de la poursuite de la mission/vision dans le cadre du modèle économique. Ceci paraît simple, mais est en fait extrêmement compliqué à délivrer, et Vendredi l’a fait.

Q: Après 3 ans d’une relation de proximité, comment construisez-vous/envisagez-vous la suite ?

Félix :
En fait, je pense que Jean-Baptiste est partie intégrante de l’équipe et de l’aventure Vendredi. Cet engagement se poursuit, bien que l’accompagnement des trois premières années « classique » d’Entreprendre&+ par du financement et du mentorat se termine. Comment se traduit-il ? Par des points toutes les semaines/deux semaines pour m’aider à être un bon leader et à faire les bons choix autour des questions de gouvernance, de statut, d’articulation entre la SAS que nous avons créé et l’association. C’est aussi des questions de gestion de la grille salariale de Vendredi. Donc c’est une aventure qui continue à grandir ; d’ailleurs Jean-Baptiste un immense merci ! Et un immense merci Florence d’avoir permis cette relation.
Et comment envisage-t-on la suite ? C’est continuer à faire grandir cette aventure ensemble, à titre personnel j’apprends beaucoup de Jean-Baptiste. Et moi je souhaite que ça continue et je pense que l’inverse est vrai.

Jean-Baptiste :
Je suis trop fier du chemin parcouru et aime trop Félix, Julian et la belle équipe de Vendredi pour leur dire « bravo, au revoir et bonne chance » parce que nous avons atteint les 3 ans d’accompagnement. Au début de la relation, c’est plutôt moi qui ai fixé l’agenda de l’accompagnement, de manière parfois intrusive. Progressivement, Félix et Vendredi se le sont approprié. Ils savent aujourd’hui mieux que quiconque là où je peux encore les aider et ajouter de la valeur à un projet et une équipe formidable. On en reparle dans cinq ans ?